Le Maroc est-il dangereux ? Ce que les voyageurs doivent vraiment savoir

Le Maroc est-il dangereux ? Des voyageurs dans la médina de Marrakech en plein jour

Le Maroc est-il dangereux ? Non : c’est un pays sûr pour les voyageurs, y compris pour les femmes qui voyagent seules, avec la prudence ordinaire que demande toute destination animée. La criminalité violente envers les touristes est rare. Ce que vous rencontrerez en réalité, c’est l’insistance : faux guides, indications que vous n’avez pas demandées, pression dans une boutique. Un non ferme et aimable règle presque tout.

Les risques qui piègent les voyageurs sont plus banals que ceux qui les inquiètent. Le coup de chaleur en été, l’altitude lors d’une marche en montagne et un estomac qui a besoin de trois jours pour s’adapter écourtent plus de séjours que tout le reste.

Ce qui arrive vraiment, et ce qui n’arrive pas

Criminalité violente Rare envers les visiteurs. Le Maroc surveille de près les zones touristiques, avec notamment une brigade touristique dédiée
Pickpockets Présents dans les médinas bondées et autour de Jemaa el-Fna. Un sac fermé porté devant suffit
Faux guides La gêne la plus fréquente. Ils vous abordent dans la médina, proposent leur aide, puis demandent de l’argent
Pression dans les boutiques Insistante mais pas agressive. Vous pouvez toujours partir, et personne ne vous suit
Taxis trop chers Fréquent. Mettez-vous d’accord sur le prix avant de monter, ou exigez le compteur
Arnaques Fausses indications vers une place « fermée », tanneries avec droit d’entrée obligatoire, « fête » qui n’existe pas
Sécurité routière Le vrai risque statistique. Préférez un chauffeur professionnel à la conduite vous-même sur les cols de montagne
Chaleur et soleil Ce qui a le plus de chances de gâcher votre voyage. Le sud dépasse 45 °C en juillet et en août

Le Maroc est-il dangereux pour une femme seule ?

Non, et des milliers de femmes le font chaque année. C’est aussi la question qu’on nous pose le plus, elle mérite donc une réponse franche plutôt que rassurante.

Une voyageuse seule dans une ruelle calme de la médina
Une femme seule voyage en sécurité au Maroc avec une prudence ordinaire.

Ce que les femmes rapportent, c’est de l’attention plutôt que du danger : des remarques dans la rue, des questions pour savoir si vous êtes mariée, un commerçant qui prolonge la conversation plus que vous ne le voudriez. C’est fatigant plutôt que menaçant, et c’est plus marqué à Marrakech et dans les grandes villes qu’en montagne ou dans les villages, où une femme seule est reçue comme une invitée.

Ce qui marche, selon les femmes qui voyagent ici régulièrement : des lunettes de soleil et des écouteurs coupent la plupart des approches dans la rue avant qu’elles commencent. Une alliance, vraie ou non, met fin à la question du mariage. Des épaules et des genoux couverts dans un village ou une médina vous rendent banale plutôt que pudique. Et dire non sans sourire n’est pas impoli ici, c’est simplement clair.

En pratique : évitez les rues mal éclairées après la tombée de la nuit, demandez à votre riad d’appeler un taxi plutôt que d’en héler un le soir, et communiquez votre itinéraire à un proche. C’est le même conseil que pour n’importe quelle ville du monde.

La médina, et les guides qui n’en sont pas

Presque toutes les mauvaises histoires qu’on nous raconte commencent de la même façon. Quelqu’un vous dit que la place est fermée, que le souk est fermé aujourd’hui, qu’il y a un marché berbère seulement ce matin. Il vous emmène alors quelque part, et à la fin il demande de l’argent.

Familles dans un souk couvert bordé de boutiques
Dans les souks, l'insistance est fréquente : un non ferme et aimable règle presque tout.

Rien n’est jamais fermé. La place n’est pas fermée, les tanneries ne sont pas fermées, il n’y a pas de marché qui n’a lieu qu’une fois par an. Continuez à marcher, dites non merci sans vous arrêter, et l’approche s’arrête.

Un guide officiel porte un badge et le montre sans qu’on le lui demande. Si vous en voulez un dans la médina, réservez-le par votre riad ou par un professionnel plutôt que d’accepter celui qui vous aborde dans la rue. Lors d’une excursion sur la route comme Ait Ben Haddou, le chauffeur s’occupe de l’itinéraire et un guide supplémentaire apporte peu.

Nourriture, eau et la règle des trois jours

L’eau du robinet est chlorée et potable dans les villes, mais sa composition minérale diffère de celle dont vous avez l’habitude, et la plupart des voyageurs passent à l’eau en bouteille les premiers jours. Dans un café sérieux, les glaçons sont faits avec de l’eau traitée.

La cuisine de rue mérite votre confiance là où la file est locale et le débit rapide. Ce qu’il faut éviter, c’est l’inverse : un stand où la nourriture attend et où personne n’achète. Ce sont plutôt les salades lavées à l’eau du robinet qui posent problème que les grillades qui inquiètent tout le monde.

Emportez de quoi soigner un estomac dérangé et attendez-vous à en avoir besoin vers le troisième jour. Cela passe.

Chaleur, altitude et routes

Entre juin et septembre, le sud est vraiment chaud : Merzouga et la vallée du Draa dépassent 45 °C l’après-midi. C’est pourquoi les activités dans le désert se font au lever et au coucher du soleil. Emportez plus d’eau que vous ne le pensez nécessaire et ne marchez pas dans les dunes en plein midi.

Dans le Haut Atlas, Imlil se trouve à 1 740 mètres et les cols au-dessus montent plus haut. Le mal de l’altitude est peu probable lors d’une marche à la journée, mais le froid en haut surprend ceux qui ont quitté Marrakech en tee-shirt.

Les routes sont le vrai risque statistique. Le col du Tizi n’Tichka est spectaculaire et exigeant, avec des camions, des virages en épingle et, par endroits, aucune glissière. C’est le meilleur argument pour un chauffeur qui fait la route chaque semaine plutôt qu’une voiture de location.

Un point de droit à connaître : les relations entre personnes de même sexe restent pénalisées par la loi marocaine, et la loi s’applique à toute personne sur le sol marocain, voyageurs compris. Dans les faits, aucune poursuite de voyageurs étrangers pour leur vie privée n’est documentée ces dernières années. Si cela vous concerne, consultez les conseils aux voyageurs de votre pays avant de réserver.

Que faire en cas de problème

Police Composez le 19 en ville, le 177 (gendarmerie) hors des villes. Le français fonctionne en général, l’anglais n’est pas garanti
Ambulance 15
Passeport perdu Déclarez-le à la police, puis à votre consulat ou ambassade. Gardez-en une photo sur votre téléphone
Votre riad ou votre organisateur Souvent plus rapide que n’importe quel service officiel pour un problème pratique

En bref

Le Maroc est un pays sûr avec une culture commerciale insistante, et les voyageurs qui s’attendent à la seconde sont rarement gênés par autre chose. Gardez votre sac fermé dans la foule, fixez le prix du taxi avant de monter, buvez de l’eau en bouteille les premiers jours, et dites non clairement quand c’est non.

Si vous préférez ne pas tout organiser seul, une excursion accompagnée supprime l’essentiel des frictions : quelqu’un d’autre gère l’itinéraire, les arrêts et les personnes qui vous abordent. Nos conseils de voyage au Maroc répondent au reste des questions que l’on se pose avant de réserver.

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