Cascades d’Ouzoud : ce que signifie le nom et d’où vient l’eau

Paysage du Moyen Atlas sur la route des cascades d'Ouzoud depuis Marrakech

La plupart des visiteurs passent trois heures aux cascades d’Ouzoud et repartent sans savoir ce que signifie le nom, quelles montagnes l’eau a traversées pour arriver là, ni pourquoi le débit semble si différent en mars et en septembre. Rien de tout cela n’est compliqué, et tout cela rend la visite meilleure.

Ce que signifie vraiment le mot Ouzoud

Le nom est amazigh, pas arabe. L’interprétation que vous entendrez le plus souvent sur place est « l’action de moudre le grain », une référence directe aux moulins à eau que les chutes font tourner depuis des siècles. Une seconde interprétation rattache le mot au terme amazigh désignant l’olive, ce qui correspond aux oliveraies en terrasses qui couvrent les pentes au-dessus des gorges.

Les deux interprétations décrivent la même économie. La rivière faisait tourner les meules, les oliveraies fournissaient ce qu’on pressait. Le nom n’est pas décoratif, c’est une fiche de poste.

La rivière porte un tout autre nom. C’est l’oued El Abid, généralement traduit de l’arabe par « la rivière des esclaves ». L’origine de ce nom n’est pas documentée, et les récits locaux divergent.

Où se trouve Ouzoud, et pourquoi on se trompe de région

Ouzoud se vend depuis Marrakech, et la plupart des visiteurs pensent donc qu’elle appartient à la région de Marrakech. Ce n’est pas le cas.

Les chutes se trouvent près du village de Tanaghmelt, dans la province d’Azilal, région de Béni Mellal-Khénifra. Elles sont à 36 kilomètres de la ville d’Azilal et à environ 150 kilomètres au nord-est de Marrakech. Cette distance explique pourquoi la route prend deux heures et demie à trois heures dans chaque sens, et pourquoi un départ précipité vous fait perdre du temps au fond des gorges plutôt que dans la voiture.

D’où vient l’eau

C’est la question que presque personne ne pose et que tout le monde trouve intéressante une fois la réponse donnée.

Les chutes sont la dénivellation la plus spectaculaire sur le cours de l’El Abid, une rivière qui prend sa source dans le Haut Atlas central. Son eau vient de la fonte des neiges et des pluies de montagne, recueillies bien au-dessus des gorges, puis rejointes plus bas par des sources qui se fondent en un seul cours d’eau avant d’atteindre le bord des chutes.

En aval d’Ouzoud, l’El Abid continue de creuser ses gorges et alimente la retenue du barrage de Bin el Ouidane, construit en 1953 à la confluence de l’El Abid et de l’Ahansal. Plus bas encore, il devient l’un des principaux affluents de l’Oum Er-Rbia.

L’eau que vous regardez tomber à Ouzoud est donc descendue des neiges du Haut Atlas, et elle est en route vers l’Atlantique.

Quand les cascades d’Ouzoud sont au plus fort

À savoir avant de choisir une date. Les relevés de débit à long terme de l’El Abid montrent que l’hiver et le printemps réunis portent environ 87 % du débit annuel de la rivière.

En pratique :

  • De mars à mai, les chutes sont au plus large et au plus bruyant, et les embruns portent le plus loin sur les bassins.
  • Février et juin restent forts.
  • La fin de l’été connaît le débit le plus faible de l’année. Les chutes sont toujours là, toujours 110 mètres, mais plus étroites.

Ouzoud ne s’assèche jamais. Mais un visiteur en avril et un visiteur en septembre ne regardent pas la même cascade, et il est plus honnête de le dire que de montrer la même photo toute l’année. Notre article sur le Maroc au printemps explique pourquoi c’est la saison des cascades.

110 mètres, en trois paliers

Ouzoud chute de 110 mètres en trois paliers, la plus longue chute mesurant environ 75 mètres. Cela la place parmi les plus hautes cascades d’Afrique du Nord.

Ce sont ces trois paliers qui donnent au site son allure en photo. Vous voyez d’abord toute la hauteur depuis les terrasses en haut de la falaise. En descendant, le haut disparaît derrière la roche. En bas, vous êtes assez près pour que les embruns vous atteignent et que le bruit rende la conversation difficile. Vers le milieu de la journée, le soleil est à la bonne inclinaison pour former un arc-en-ciel dans ces embruns.

Les macaques vivent là, ce ne sont pas une attraction

Les macaques de Barbarie des gorges sont sauvages et présents toute l’année. Macaca sylvanus est la seule espèce de macaque vivant hors d’Asie, et la population le long du sentier est habituée aux humains.

Cette habitude les rend faciles à photographier et faciles à sous-estimer. Ils sont forts, rapides, et de la nourriture visible dans un sac est une invitation.

Ne les nourrissez pas, et gardez votre sac fermé. Il ne s’agit pas seulement de vos doigts. L’espèce est menacée, et une étude sur des macaques de Barbarie nourris par les touristes au Maroc, publiée dans PLOS ONE, a montré que le groupe nourri présentait des symptômes de maladie près de huit fois plus souvent que le groupe qui se nourrissait naturellement, avec des niveaux d’hormones de stress plus élevés. Ailleurs dans le Haut Atlas central, des chercheurs comparant un groupe visité par les touristes à un groupe sauvage ont constaté que la nourriture humaine représentait 26 % des relevés d’alimentation quotidiens du groupe touristique, contre 1 % pour le groupe sauvage, qui se reposait davantage, était plus agressif, et cherchait moins sa nourriture et se déplaçait moins.

Une photo vaut mieux qu’un biscuit.

Distance et durée : ce que demande vraiment la journée

Environ 150 kilomètres, deux heures et demie à trois heures dans chaque sens. C’est donc une journée complète, pas une demi-journée : on part tôt et on rentre le soir.

La route file vers le nord-est à travers la plaine, puis monte dans les contreforts du Moyen Atlas. Elle est plus facile que les routes de montagne au sud de Marrakech, avec moins de virages et moins de montée, ce qui compte si quelqu’un dans votre groupe supporte mal la route.

Distance Environ 150 km dans chaque sens
Route 2 h 30 à 3 heures dans chaque sens
Durée totale Journée complète, départ matinal
Marche Une descente jusqu’au pied des chutes et la remontée. Marches et sentiers irréguliers
Aux chutes Trois à quatre heures sur place, descente, déjeuner et remontée compris

Le sentier en escaliers qui descend jusqu’aux bassins puis remonte, c’est toute la visite, et ce n’est pas une course. Tout ce que vous descendez, vous le remontez : prenez de l’eau et des chaussures qui accrochent. En bas, de petites barques vous emmènent assez près du pied des chutes pour sentir les embruns. Les restaurants sont aménagés en terrasses dans la falaise d’en face, la plupart avec vue directe sur l’eau, et le déjeuner y marque le milieu de la journée.

Celui qui arrive avec un horaire de groupe fixe utilise ce temps autrement, puisque l’heure du retour est fixée avant que quiconque ait vu l’eau. C’est l’argument pratique en faveur de votre propre véhicule, et il n’a rien à voir avec le prix.

Le voir par vous-même

Nous proposons Ouzoud en journée complète depuis Marrakech, sous deux formes. L’excursion privée aux cascades d’Ouzoud vous donne votre propre véhicule, votre chauffeur-guide et une heure de départ de votre choix. Cela compte plus ici que pour la plupart des excursions, car la lumière au fond des gorges change au fil de la journée.

Si vous préférez partager le véhicule et réduire le coût, il existe aussi une excursion en groupe aux cascades d’Ouzoud, à horaire fixe.

Pour comparer Ouzoud à tous les autres lieux accessibles depuis Marrakech, voyez distance Marrakech désert du Sahara, qui donne chaque distance et chaque temps de route. Pour l’intégrer à votre séjour, voyez combien de jours prévoir à Marrakech.

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